3615 Mavie Chapitre 7 : Coming Out

Nous y voilà… Je n’avais pas annoncé cet épisode, je ne savais pas si j’aurais la force de l’écrire. Car se retourner sur sa vie, en faire une analyse objective oui. Mais les moments d’intense souffrance encore ouverts, il est difficile de les revivre et encore plus de les analyser.

Le mieux est d’y aller au feeling, je n’arriverai pas à relire encore une fois tous nos échanges.

J’avais merdé en Novembre 2013, 2 ans avec Elle. Des doutes sur mon infidélité. En vérité, j’ai envisagé de choisir entre Elle et ma famille. Pourquoi ? Je ne sais pas mais j’avais peur. Une fêlure dans ma carapace. Les prémices du tremblement de terre à venir. Une faille dans mes convictions. (je sais maintenant pourquoi)

Elle m’a rattrapé et prouvé que non, je ne pouvais pas me passer d’elle. Je pensais la crise passer. A noël c’est à elle de perdre ces certitudes, pas envers moi me dit-elle mais dans sa propre vie.

En janvier notre dernier rdv. Des larmes que je n’avais pas vu.

De reports en annulation pour des raisons diverses, Elle me parait de plus en plus lointaine. Elle dit ne pas aller bien. Au mois de Mars, elle me demande de l’attendre. Sans comprendre pourquoi, bien sûr j’accepte sans hésiter espérant son retour chaque jour.

Depuis le mois de Janvier, après avoir compris fin 2013, combien elle comptait pour moi, elle me manque. J’essaie d’avoir de ses nouvelles. Là où on se laissait libre auparavant en totale confiance de se retrouver, je commence à envisager qu’elle me quitte …. doucement … lentement …

J’essaie encore et encore, presque trop possessif. Ca l’agace. Comprenant que je l’étouffe, je lâche la bride…. espérant encore que ce ne soit qu’un passage difficile dans sa vie. Erreur fatale.

Ca devient lancinant. Comme une blessure qu’on arrive pas à guérir. Ne connaissant aucun sentiment, je me dis que je suis en train de perdre une amie. Je le lui reproche. La confiance entre nous vacille. Pour moi l’amitié est la plus sacré des relations : Indéfectible et Immuable. Je ne comprends pas pourquoi on se perd. Elle ne me dit plus rien alors qu’on partageait tout.

Jusqu’au 06/06/2014. Un message, un appel. Elle revient, semble vouloir repartir sur de nouvelles bases. Au comble de la joie, je suis :

je suis heureux.

Puis l’annonce d’un amant rencontré un mois plus tôt qu’elle aime mais qu’elle va laisser de côté car il en aime une autre. Je vacille. Un amant, elle ne m’en a pas parlé. Alors que j’attendais. Alors qu’elle me manquait. Peu à peu, mon cerveau habituellement froid et analyste commence à bouillir. Je perds pied, je pose les questions malsaines. Oui, malsaines. Elle me le dit mais j’insiste. La vérité me saute à la gorge qui restera nouée au téléphone incapable de parler. Ma carapace fond, se liquéfie me laissant nu sans défense.

La suite n’est que douleur montant de mon ventre dans ma tête. Je ne le sais pas encore car je n’ai jamais connu ça mais je fais la première crise de jalousie de ma vie. Je m’enflamme, je ne réfléchis plus. A partir de ce jour je ne mange plus, je ne dors plus. Le monstre froid, calculateur, sans émotions se transforme en bête blessée complètement folle.

Incapable de comprendre, incapable de réfléchir, j’imagine qu’elle est venu me dire que c’est fini oubliant qu’elle voulait reprendre. Mais comme on avait fait un pari sur celui qui quitterait l’autre, j’en viens à faire en sorte que ce soit moi qui soit à l’initiative pour lui éviter d’en assumer la responsabilité. Oui je suis fou. Un long mail complètement rempli d’arguments absurdes sans aucun fondement. Et une blessure profonde pour elle. Une blessure que je n’arriverais peut-être jamais à guérir. Un tweet, un mot « déserteur ».

Une nuit blanche pour comprendre l’erreur. La peur de la perdre. La douleur. La souffrance. Je découvre pour la première fois ce que je m’étais refuser à admettre tout au long de ma vie. Bien sûr j’ai lu des romans, vu des films, lu des mangas. Alors c’est ça. Je dois me rendre à l’évidence. L’amour. non seulement ça existe mais je suis amoureux. Moi. Moi celui qui a tenu le même discours à tant de femmes. L’empêcheur d’aimer en rond des soirées Twitter. Moi, je comprends que je me suis planté. Que j’ai été odieux, supérieur, idiot.

Il est temps d’admettre la vérité.

Mon mea culpa

Mon coming out

Oui j’ai fait une crise de jalousie, oui je suis amoureux d’Elle.

Oui l’Amour existe.

Mais il est trop tard, un autre mail. Une déclaration d’amour cette fois. Mais bien entendu et c’est compréhensible. Impossible de croire un fou qui vous a toujours dis que l’amour n’existait pas, qui fait une rupture puis dis aimer ? ça ne passe pas. J’en suis le seul responsable.

Un dernier échange, l’attente atroce d’un signe. Un « bonjour » froid et glacial malgré la chaleur. Je sais déjà quelle sera la réponse. Je me battrai pourtant je refuse de l’admettre. C’est épuisant, pour moi, pour Elle, pour ma famille.

La bête enragée, blessée, refuse de mourir ainsi et j’irai négocier jusqu’à elle. Voyage à l’arrache. Boulot abandonné. De toute façon je ne fais rien que pleurer sur mon propre sort. Aller la voir juste pour obtenir un espoir.

Une rencontre au soleil, la douceur de la revoir, si belle. Des mots qui laissent à penser que ce sera notre dernière rencontre « une belle matinée » dira t’elle. Comme pour laisser un souvenir. Ses larmes refoulées dont je cherche toujours l’explication. Mes larmes qui coulent à flot comme jamais je n’ai pleuré. Je lui offre tout mes sentiments mes émotions, elle se cache derrière une façade figée. L’espoir. Je me bats pour l’espoir de pouvoir la retrouver même si je dois souffrir pour cela le supplice de l’attente, la douleur de la jalousie. Une complicité retrouvée quelques instants. On se quitte sur un « peut-être ».

Je me sens apaisé. Je reste encore et encore à cet endroit où je l’ai revu. Mais très vite, je comprends à son dernier message qui me dit « et pourtant il le faut (partir) » que le chemin sera long, douloureux et que cet espoir sera infime. Elle se met de nouveau en retrait, la façade figée de notre rencontre se retrouve dans ses messages qui me demande si je suis bien rentré. Sec et direct. Rien à voir avec son tempérament.

La douleur revient très vite. Le lendemain sera la pire journée de mon existence. Je découvre ce que la jalousie peut faire à un corps humain. Je prends la mesure du chemin que j’ai choisi pour un petit espoir.

Depuis j’attends et j’apprends. J’apprends les affres des sentiments, j’apprends l’amour.

Le leader, le monstre, le fake, l’amant, la bête sont tous morts. Suis je réellement vivant ? Tant qu’il y a de l’espoir, il y a de la vie. Alors je vis juste pour cet espoir. Je l’aime.

 

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